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Innovations en matière de design

Interview de Ana Shmakova de Ultima : Réinventer le vélo électrique urbain avec le modèle Essentiel

Ana, pour commencer, pouvez-vous nous présenter Ultima et expliquer en quoi le modèle Essentiel incarne votre vision d’un vélo électrique spécifiquement pensé pour la ville ?Ultima est une marque française basée à Lyon, née d’un défi simple mais ambitieux :...

3 juin 2026 12 min de lecture
Interview de Ana Shmakova de Ultima : Réinventer le vélo électrique urbain avec le modèle Essentiel

Ana, pour commencer, pouvez-vous nous présenter Ultima et expliquer en quoi le modèle Essentiel incarne votre vision d’un vélo électrique spécifiquement pensé pour la ville ?

Ultima est une marque française basée à Lyon, née d’un défi simple mais ambitieux : créer des vélos électriques qui mettent les hautes technologies et l’expertise en ingénierie au service des utilisateurs finaux. Notre mission est de simplifier ce que d’autres compliquent, afin de rassurer nos clients dans leur usage quotidien du vélo.
Tous nos vélos sont équipés d’un passage automatique des vitesses, un système pensé pour permettre aux cyclistes de se concentrer sur l’essentiel : la sécurité routière et la circulation. C’est une approche comparable à la boîte de vitesses automatique dans l’automobile : plus intuitive, plus confortable au quotidien.
Avec le modèle Essentiel, nous avons relevé un nouveau défi : proposer un vélo électrique abordable, à moins de 2 500 €, tout en conservant cette technologie de passage automatique des vitesses. Mais nous voulions aller encore plus loin avec un concept modulaire unique.
L’Essentiel peut d’abord être utilisé comme un vélo de ville classique dans sa version SOLO. Puis, en changeant simplement quelques accessoires, il se transforme en concept DUO, permettant à deux personnes de s’asseoir et rouler ensemble sur une banquette arrière, tout en conservant de grandes roues pour plus de stabilité et une silhouette de vélo conventionnelle.
Enfin, avec quelques tours de tournevis supplémentaires, l’Essentiel devient un cargo shorttail dans sa version FAMILYGO, intégrant tous les équipements de sécurité nécessaires pour transporter un enfant à l’arrière, dans l’esprit des longtails très populaires aujourd’hui.
Ce concept répond à une forte demande actuelle : offrir la polyvalence d’un vélo cargo tout en conservant un format standard. Cela signifie qu’il reste facile à ranger, à transporter ou à emmener en vacances, puisqu’il s’adapte à la plupart des porte-vélos.
Aujourd’hui, l’Essentiel est unique sur son segment, tant par son concept que par son positionnement tarifaire, et il répond parfaitement aux nouveaux usages urbains recherchés par les utilisateurs.

Quand vous parlez de « réinventer » le vélo électrique urbain avec Essentiel, qu’est-ce qui change concrètement par rapport à l’offre actuelle : est-ce le design, l’ergonomie, la simplicité d’usage, le prix, la maintenance… et comment avez-vous arbitré entre ces dimensions ?

Quand nous parlons de « réinventer » le vélo électrique urbain avec Essentiel, ce n’est pas uniquement une question de design. Bien sûr, l’esthétique compte, mais notre réflexion a surtout porté sur l’usage réel du vélo au quotidien.
Aujourd’hui, beaucoup de vélos électriques urbains deviennent de plus en plus complexes, spécialisés ou encombrants. Nous avons pris le chemin inverse : simplifier l’expérience utilisateur tout en apportant plus de polyvalence.
Le premier changement concret, c’est la simplicité d’usage. Le passage automatique des vitesses transforme réellement l’expérience de conduite. L’utilisateur n’a plus besoin de penser au bon rapport à engager dans la circulation ou au démarrage à un feu rouge. Le vélo s’adapte automatiquement, ce qui rend la conduite plus fluide, plus intuitive et surtout plus rassurante en milieu urbain.
Le deuxième point, c’est la modularité. Avec Essentiel, nous avons voulu éviter aux utilisateurs d’avoir à choisir entre plusieurs vélos selon leurs usages. Un même vélo peut évoluer : vélo urbain classique, vélo duo ou cargo familial compact. Cette flexibilité est encore très rare sur le marché, surtout dans cette gamme de prix.
Nous avons également beaucoup travaillé sur l’ergonomie et l’encombrement. Les familles sont très attirées par les longtails, mais beaucoup hésitent à cause de la taille, du stockage ou du transport. Avec Essentiel, nous conservons un format proche d’un vélo standard, avec de grandes roues pour la stabilité et le confort, tout en intégrant les fonctionnalités d’un cargo. Cela change énormément le quotidien : le vélo reste facile à ranger dans un appartement, à mettre sur un porte-vélo ou à emporter en vacances.
Enfin, le prix était un élément clé de notre réflexion. Notre objectif n’était pas de créer un produit technologique élitiste, mais de rendre ces innovations accessibles. Réussir à proposer un vélo automatique et modulaire à moins de 2 500 € a demandé beaucoup d’arbitrages techniques et industriels. Chaque choix a été guidé par une question simple : est-ce que cela améliore réellement l’expérience utilisateur ?
Au final, nous avons cherché l’équilibre entre innovation, simplicité, polyvalence et accessibilité. C’est cette combinaison qui, selon nous, réinvente le vélo électrique urbain.

Dans la conception d’Essentiel, quels insights d’usagers urbains vous ont le plus marqué – peurs, frustrations, habitudes réelles de déplacement – et comment ces retours terrain se traduisent-ils dans des choix très précis de composants, de géométrie ou de fonctionnalités ?

Ce qui nous a le plus marqué dans nos échanges avec les usagers urbains, c’est que beaucoup de freins à l’usage quotidien du vélo électrique ne sont pas liés à la performance pure, mais à des questions très concrètes de confort, de simplicité et de confiance.
Par exemple, de nombreux utilisateurs nous parlaient du stress de la circulation urbaine : devoir gérer les vitesses, redémarrer rapidement à un feu, transporter un enfant, rester stable à basse vitesse ou encore se sentir en sécurité dans des environnements denses. C’est précisément ce qui nous a poussés à intégrer le passage automatique des vitesses sur tous nos vélos. Quand on enlève cette charge mentale, le cycliste peut se concentrer sur l’essentiel : anticiper la route, les voitures, les piétons et son environnement.
Nous avons aussi observé une frustration très forte autour des vélos cargos traditionnels. Les utilisateurs adorent leur praticité, mais beaucoup les trouvent trop longs, trop lourds ou difficiles à stocker dans la vie réelle : ascenseurs, caves, garages urbains, transports en vacances… C’est pour cela qu’Essentiel conserve un format compact et des dimensions proches d’un vélo classique, tout en offrant une vraie capacité d’évolution vers un usage familial grâce à la version FamiliGo.
Le choix des grandes roues est également directement lié aux retours terrain. Beaucoup de vélos compacts utilisent de petites roues pour réduire l’encombrement, mais les utilisateurs nous parlaient souvent d’un manque de stabilité ou de confort sur les routes urbaines dégradées. Nous avons donc privilégié de grandes roues pour apporter une sensation de sécurité plus naturelle, une meilleure absorption des irrégularités et une conduite plus intuitive, notamment pour les personnes qui reprennent le vélo après plusieurs années.
La modularité est aussi née d’une réalité très urbaine : les usages changent constamment. Un utilisateur peut avoir besoin d’un vélo solo la semaine, transporter un proche le week-end ou emmener un enfant à l’école ponctuellement. Nous avons donc conçu Essentiel comme une plateforme évolutive plutôt qu’un vélo figé dans un seul usage.
Enfin, nous avons porté une attention particulière à la maintenance et à la durabilité. Beaucoup d’utilisateurs urbains veulent un vélo fiable, simple à entretenir et rassurant sur le long terme. Chaque composant a donc été sélectionné avec cette logique : limiter les réglages complexes, privilégier des systèmes robustes et rendre l’expérience la plus fluide possible au quotidien.
Au fond, Essentiel est le résultat d’une approche très pragmatique : observer comment les gens utilisent réellement leur vélo en ville, comprendre leurs contraintes concrètes et transformer ces retours en solutions simples, utiles et accessibles.

On parle beaucoup de surenchère technologique sur le marché du VAE : écrans, applis, capteurs… En quoi le modèle Essentiel prend-il le contre-pied (ou non) de cette tendance, et comment définissez-vous ce qui est vraiment utile au citadin versus ce qui relève du gadget ?

Nous pensons que la technologie est nécessaire dans le vélo électrique, comme dans beaucoup d’autres aspects de notre vie quotidienne. Il serait aujourd’hui peu pertinent d’ignorer ces évolutions. Quand plusieurs fonctionnalités peuvent être regroupées simplement dans un smartphone, cela permet justement de simplifier l’expérience utilisateur plutôt que de la compliquer.
Dans cette logique, Essentiel n’est pas une exception. Le vélo est équipé d’un écran LED couleur intégré directement dans la potence, afin d’afficher de manière claire les informations essentielles comme la vitesse, le niveau de batterie ou le mode d’assistance. L’idée n’était pas d’ajouter un écran spectaculaire ou distrayant, mais de donner au cycliste les informations utiles au bon moment, de manière simple et lisible.
Nous proposons également une application mobile qui permet d’aller plus loin dans le suivi du vélo : état de santé du système, kilométrage, notifications d’entretien à prévoir, mais aussi accès rapide à toute la documentation, comme le guide utilisateur. Là encore, notre approche est très pragmatique : la technologie doit rassurer, accompagner et faciliter l’usage quotidien.
En parallèle, il y a une problématique très forte aujourd’hui pour les utilisateurs urbains : le vol des vélos. C’est une inquiétude qui revient constamment dans nos échanges avec les clients. C’est pourquoi nous proposons une option d’antivol numérique avec traceur GPS intégré au vélo, permettant de géolocaliser le vélo en temps réel. Pour nous, ce type de technologie apporte une vraie valeur concrète au quotidien.
La différence se situe donc dans notre manière de définir l’innovation utile. Nous ne cherchons pas à multiplier les fonctionnalités pour impressionner. Chaque technologie intégrée dans Essentiel doit répondre à une problématique réelle rencontrée par les utilisateurs : simplifier la conduite, rassurer, améliorer la sécurité ou faciliter la maintenance.
Finalement, un gadget est une technologie qui demande de l’attention supplémentaire à l’utilisateur sans réellement améliorer son expérience. À l’inverse, une bonne technologie est presque invisible : elle simplifie naturellement l’usage du vélo et rend le quotidien plus fluide.

Les villes européennes évoluent vite (ZFE, infrastructures cyclables, mix intermodalité + vélo). Quels sont, selon vous, les principaux défis techniques et d’usage pour un vélo comme Essentiel dans ce contexte, notamment en matière de sécurité, de durabilité et de résistance au vol ?

Les principaux défis aujourd’hui sont la sécurité, la durabilité et la protection contre le vol.
En ville, les cyclistes doivent rester concentrés sur la circulation. C’est pourquoi nous avons intégré le passage automatique des vitesses, qui simplifie la conduite et améliore la sécurité au quotidien.
Nous avons aussi conçu Essentiel pour être robuste, facile à entretenir et adapté à un usage urbain intensif. Son format compact permet également de répondre aux nouveaux usages multimodaux : stockage plus simple, transport sur porte-vélo ou départ en vacances.
Enfin, le vol est une vraie préoccupation pour les utilisateurs de VAE. Nous proposons donc un antivol connecté avec GPS intégré permettant de géolocaliser le vélo en temps réel.

Si l’on se projette à 5 ou 10 ans, comment imaginez-vous l’évolution du vélo électrique urbain et quelle place Ultima veut faire prendre à Essentiel dans ce paysage : plateforme de services, nouvelle façon de posséder/un louer un vélo, intégration avec les transports publics… ?

Dans les 5 à 10 prochaines années, nous pensons que de plus en plus de villes devront relever le défi de réduire l’usage de la voiture individuelle. Le vélo électrique deviendra alors la “nouvelle voiture” des déplacements urbains.
Nous voyons déjà cette tendance aujourd’hui avec l’augmentation du prix des carburants, des coûts de stationnement en ville et les nouvelles restrictions de circulation dans les centres urbains. De plus en plus de personnes recherchent des alternatives plus simples, plus économiques et plus durables pour leurs déplacements quotidiens. Le véritable enjeu sera donc de concevoir des vélos capables de répondre aux besoins réels des utilisateurs sans compromis sur le confort, la praticité ou la performance. Chez Ultima, notre ambition est justement d’anticiper cette évolution dès aujourd’hui.

Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui hésite encore à passer au vélo électrique pour ses trajets urbains, et quels critères concrets lui recommanderiez-vous d’examiner pour savoir si un modèle comme Essentiel est fait pour lui ?

Le meilleur conseil que je puisse donner est très simple : allez dans le magasin de vélos le plus proche et essayez un Ultima :)
Et si l’on parle plus sérieusement, je dirais qu’il ne faut pas se limiter aux grandes marques les plus connues. Le choix d’un vélo électrique doit surtout se faire sur des critères très concrets liés à l’usage quotidien.
Le premier critère est le poids : les VAE peuvent varier énormément, de 20 à parfois plus de 50 kg, ce qui change complètement l’expérience au quotidien, notamment pour le portage, le stockage ou les déplacements multimodaux.
Le deuxième point concerne la motorisation et les fonctionnalités associées : type de transmission, passage automatique des vitesses, assistance au démarrage… Ce sont des éléments qui influencent directement le confort et la simplicité d’utilisation en ville.
Il est également essentiel de regarder les aspects liés à la sécurité : antivol intégré, options connectées, ou encore dispositifs de géolocalisation. Dans un contexte urbain, ce sont souvent des critères décisifs.
Enfin, l’origine de la marque joue un rôle important. Les marques européennes, et en particulier françaises, offrent généralement des chaînes logistiques plus courtes, une meilleure proximité avec les clients et un service après-vente plus réactif, notamment pour les pièces et la maintenance.

Pour en savoir plus : https://ultima.bike/